Le modèle suédois

Quelques mois avant les présidentielles en France, les politiques (enfin surtout à gauche bien sûr) commencent à vanter les mérites du modèle suédois. Lorsque Ségolène Royal est venue, il y a quelques semaines, visiter le premier ministre suédois Göran Persson, les médias l’ont acceuilli comme LA future présidente. Je saisis l’occasion pour parler un peu de la politique suédoise (enfin le peu que j’en sais) !

A côté de la France et de ses institutions si décriés (une révision de la Constitution semble être à l’ordre du jour chez pas mal de “candidats”), la Suède fait office de modèle depuis qu’elle a su sortir de la crise qui sévissait dans le pays dans le début des années 90. Le gouvernement a su relancer les emplois et stabiliser voir baisser les impôts, tout en conservant un Etat providence qui caractérise les pays nordiques. Ce petit pays de 9 millions d’habitants exporte sa culture par le biais de Ericsson, Volvo, Ikea et autres entreprises au rayonnement international.

Ce qu’oublient les politiques en France, c’est qu’a la base du modèle suédois, il y a les suédois eux mêmes. Foncièrement réfléchis et toujours à la recherche de conscensus (quelques fois trop, mais c’est un autre débat), les suédois sont pour moi à la base de ce modèle basé sur le dialogue. Je vois mal comment appliquer ce modèle profondément social dans un pays comme la France où les citoyens n’ont pas une éducation si moraliste qu’ici. En France, on aime “carotter” et “on ne se laisse pas faire”; en Suède on s’en remet au système, profondément juste, en sachant qu’il n’y a jamais de surprises, ni bonnes ni mauvaises… Accepter ceci peut paraitre fade, mais c’est une condition sine qua non pour avoir des institutions “bien huilées”. Refuser la loi du plus fort demande une mutation profonde de la part de tout un pays.

Dans quelques semaines ont lieu ici les élections législatives, où pour la première fois depuis longtemps, les socio-démocrates seraient battus sur le fil. Ca sera sans doute l’occasion de relancer le débat sur l’Euro que les suédois avaient rejeté il y a quelques années malgré l’enthousiasme du premier ministre. Un signe de plus qui montre que les suédois ont quelque chose de différent et qui fait de leur modèle quelque chose de difficilement transposable.

MAJ du 28/08/2006 à 18:36 : Je viens de recevoir aujourd’hui ma carte d’électeur. Attention toutefois, j’ai le droit de vote uniquement pour les municipales et les régionales (pas le gouvernement donc), mais je trouve ca absolument génial d’accorder ce droit aux citoyens européens résidant en Suède. Je me suis renseigné et j’ai vu que c’était une directive européenne, transposée donc également en France. Bluffant l’Europe quand même :)

Pour en savoir plus, quelques pistes:


About this entry